Nous ne serons, finalement, pas si dépaysés. Me voilà rassurée.
Métamorphosée par sa révolution culturelle, Lille s’embourgeoise
Pour mettre à mal
notrevotre parisianisme, nous vous proposons désormais chaque dimanche un petit tour en Province. Car, oui, il y a des bobos hors de Paris ! La preuve aujourd’hui avec une petite visite à Lille, par notre “correspondant” Mathieu Denis.L’incompréhensible succès de «Bienvenue chez les Ch’tis» a donné une bien caricaturale image du Nord. Pourtant Lille n’est plus le berceau de la pauvreté, de l’alcoolisme, du chômage, de la pédophilie et du K-Way rouge. Depuis 2004, la ville s’est métamorphosée, attirant bon nombre de bobos !
Oubliez donc les corons de Pierre Bachelet et tous les autres clichés sur notre région ! Aussi étonnant que cela puisse vous paraitre, Lille est en pleine phase de boboïsation. La preuve, les Vélille débarqueront le 15 septembre 2011 ! Certes Martine nous a fait attendre 5 ans pour adopter les vélos en libre service mais ils seront beaucoup plus sexys que leurs cousins parisiens avec leur look noir et rouge et leur ligne épurée !
Comme à Paris, la migration bobo s’effectue sous l’impulsion du marché de l’immobilier, en nette en hausse. Dans le quartier historique du Vieux-Lille, les immeubles de cachet et les petites rues pavées séduisent de plus en plus de jeunes couples. Dans le quartier populaire de Wazemmes, certains anciens bâtiments industriels sont transformés en lofts, mêlant ainsi populations d’origine étrangère et bourgeois.
La partie nord du centre ville comme le quartier jouxtant la basilique Notre-Dame de la Treille (avec son joli petit marché), la rue Royale et ses boutiques luxueuses jusqu’à l’avenue du Peuple-Belge sont emplis de pièges à bobos. Au pieds d’immeubles anciens, pullulent des bars branchés (Le So Lounge, Le Bar Parallèle), des restaurants et autres boutiques du quartier. A ce propos, je défais une idée reçue, nous avons bien évidemment les mêmes boutiques qu’à Paris. L’alphabet complet des enseignes est représenté du A de APC au Z final de Zadig & Voltaire !
La renaissance culturelle
2004 c’est l’année de l’hécatombe. Décès de Claude Nougaro, Ray Charles, Marlon Brando, Françoise Sagan, etc. Pour Lille, ce fut l’année de la renaissance avec le titre de capitale européenne de la culture. Afin de briser l’image du no man’s land culturel, Lille a réhabilité pléthore de ses bâtiments pour dynamiser ses quartiers. Les maisons folie de Wazemmes, les Moulins ainsi que la Gare Saint Sauveur ont été repensés pour devenir des temples culturels.
A deux pas de la gare Lille Flandres, le Tri Postal est LE lieu d’exposition d’arts contemporains. En 2007, elle accueillait une partie des œuvres de François Pinault et cet hiver la collection de la Saatchi Gallery de Londres. Elle nous laisse croire que les meilleures expos n’ont plus lieu dans la capitale.
Pour ne pas laisser retomber le souffle de 2004, la municipalité a créé le label Lille 3000 qui compile les grandes expositions, des spectacles vivant, des métamorphoses urbaines… Véritable carrefour des arts, la ville accueillait fin mars la quatrième édition de Lille Art Fair, sa foire européenne d’art contemporain. Lille remporte ainsi son pari, celui d’inviter les gens à la découverte des cultures, par le biais d’artistes contemporains tout en rassemblant dans ces lieux les différentes classes sociales.
Les bobos investissent la ville
Dans le parc de la citadelle de Vauban (trois fois plus grand que les Buttes de Chaumont, bande de snobinards !), ils pique-niquent entre amis (quand la météo le permet), font un jogging revigorant ou une ballade en amoureux ! Un lieu qui n’a pas a rougir devant central park. Quand la pluie s’invite sur les pavés, leur carte UGC illimité leur permette en autre d’accéder aux deux salles de cinéma d’arts et d’essai, (le Métropole et le Majestic) qui outre la programmation de base permet de voir et revoir des classiques du cinéma et d’en débattre après autour d’un latte et d’un muffin au Notting Hill Coffee (notre Starbucks à nous) grâce à l’association Plan séquence.
A Lille, le célèbre dilemme de la chemise Sandro de Bobo Ben est vécu par tous tant il y a d’endroits gourmands à visiter. Chez Meert, on déguste autour d’un thé la fameuse gaufre à la vanille de Madagascar, aux Merveilleux de Fred on craque pour le cœur de meringue enrobé de crème fouettée au chocolat/spéculos , à moins que vous ne privilégiez les incroyables desserts & macarons de Patrick Hermand plus légers pour votre ligne…
La rue de Gand, elle, regorge de restaurants : des deux fourchettes au Michelin du Why Not aux généreuses tartines de L’Arrière pays. Mais au retour du soleil, on aime lézardé sur la terrasse du Basilic Café, depuis cet été l’endroit reçois maman et bébé l’après-midi pour des ateliers, conférences, shoppings.
Des adresses à ne pas manquer pour tout bobo en visite à Lille. Vous y retrouverez vos repères comme si vous n’étiez pas sorti de la rue de Bretagne. Et vous réaliserez que les nordistes ne se réduisent pas aux affligeants participants de Confessions Intimes !
Mathieu Denis
Les bobos repères
- Un salon de thé/brunch: Tous les Jours Dimanche
- Une boutique : The Room
- Un restaurant : le Oui
- Un Bar: Le 28 Thiers
- Hôtel/Maison d’hôte: La maison Théodore & La Maison Carrée.
serons, finalement,...dépaysés. Me voilà rassurée.
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